Guido

 

Due ricordi

 

Guido Fubini

 

La peine infinie que nous sommes nombreux, dans ses deux patries, l’Italienne et la Française, à ressentir au décès de notre grand Ancien, Guido Fubini, ne nous frustrera pas du respectueux et affectueux hommage qui bondit de notre coeur attristé. Un homme nous quitte qui faisait honneur à l’homme.

Et à ses patries, ses territoires, ses enracinements vivaces et constamment tempérés de justice. Car ces liens-là étaient plusieurs, aussi vivants les uns que les autres.

L’Italie, si fortement vécue depuis le temps du lycée Massimo d’Azeglio où s’exprima ce premier mouvement de révolte antifasciste qui décida de toute sa vie. L’Italie fusionnellement investie dans sa langue, qu’il écrivait avec une éloquente, parfois brûlante, élégance. L’Italie et sa tradition de fière générosité, son Risorgimento surtout auquel Guido tenait par ses fibres familiales, par se références démocratiques intraitables, et par toute une innervation piémontaise.

Il puisait son influx vital à la sobre majesté de la métropole turinoise, à la lecture de La Stampa, à la fréquentation souriante de telle librairie de Moncallieri, ou de telle trattoria comme l’antique Crotta Palluch (tempi passati) ou encore de la Via XX Settembre: plusieurs Fubini (Guido, son regretté père, son oncle vrai rocher de fermeté aux années noires) y avaient pratiqué et servi le Droit.

Surgessant en 1943 à Milan, l’étudiant Guido... Serra (Sarde d’emprunt!) rejoint la Résistance universitaire. D’où l’engagement ultérieur avec Ferruccio Parri puis dans Giustizia e Libertà.

Quant à la France, disons qu’elle fut l’asile maternel de l’exil et des débuts de la Guerre, à Nice, et un peu plus tard l’Alma Mater d’une pensée qui restera profondément juridique. Et ce fut un futur Ambassadeur de France, Gilles Martinet, qui fit à son modeste collaborateur que j’étais le don royal de m’envoyer àGuido pour démêler l’écheveau des multiples socialismes de la scapigliatura italienne au bénéfice de la publication que Martinet, à Paris, rédigeait en chef.

D’autres fidélités s’ajoutent et bientôt - aux premières décantations - prennent le pas. Le dévouement absolu à la survie juive en Italie et dans le monde, en tous points digne d’un caro amico de Primo Levi. Le dévouement à la si sérieuse et si brillante Communauté israélite de Turin, où sa combativité éclairée fit ensuite relayée par Anna Maria, son admirable épouse. La négociation fondatrice, en petit collège, de l’Entente avec l’Etat italien dans les termes de la Constitution républicaine.

Enfin le dévouement à cet organe d’une tenue et d’une qualité exceptionnelles même enEurope occidentale, berceau de cette liberté de la presse, notre oxygène - la création du Gruppo Studi Ebraici, Ha Keillah. Feuilletons-en les colonnes, nous y retrouverons les ardents raisonnements, aussi compétents qu’inspirés, d’une Défense ubiquiste: droits de l’homme, droit de la laicité (Fubini fut, après un Arturo Carlo Jemolo, un des sages du droit public ecclésiastique), droits de la Paix équitable et viable sur les terres d’Israèl et de Palestine, noblesse enfin des antiques sagesses juives asociées à celle des Lumières. Une pensée aux arêtes vives, jamais arrogante, toujours humanisée par l’humour et l’amitié dont les deux Ouvrages Autobiographiques conservent pour nous le fascinant témoignage.

Aux siens, à la communauté israélite de Turin, au journal Ha Keillah, à Anna Maria son alter ego de dilection revient, en s’inclinant, notre pietas.

 

Paris, 23 février 2010

Willy Acher


 

Cari amici di Ha Keillah,

non ci conosciamo personalmente, ma ricevo con regolarità la vostra pubblicazione da molti anni e l’annuncio sul numero di Febbraio della morte di Guido Fubini mi ha colpito e mi ha spinto a scrivervi le due righe di ringraziamento che da tanti anni mi ripromettevo.

Non ho mai conosciuto di persona Guido Fubini, ma ho avuto il privilegio di interpellarlo telefonicamente per il primo articolo che io abbia mai scritto su un giornale italiano. Era la primavera del 1976, il giornale era Repubblica - nato poche settimane prima - e io ne ero un giovanissimo collaboratore esterno. All’epoca, a chi desiderava cominciare a fare il giornalismo, veniva chiesto di occuparsi di argomenti che l’allora ridotta redazione ufficiale non seguiva. Saputo del mio impegno nell’associazionismo cattolico, il caporedattore mi propose di occuparmi di “minoranze religiose”.

Non sapendo da che parte cominciare, mi rivolsi a un paio di amici del liceo che sapevo attivi nell’ebraismo romano - semplicemente per cominciare a “capirne qualcosa”. Era l’epoca delle discussioni interne all’Unione sulla utilità/necessità di modificare lo Statuto interno e di preparazione a quella che sarebbe diventata l’intesa con lo Stato prevista dalla Costituzione. L’articolo affrontò - ahimé con una certa rozzezza culturale e professionale - proprio questi temi.

È stata un’esperienza che ha segnato in profondità la mia vita, non solo sul piano professionale, ma anche su quello politico e su quello spirituale. Per il mio incontro (e per i miei “conti”) con l’ebraismo la breve conoscenza con Fubini e con il suo testo “La condizione giuridica dell’ebraismo italiano” sono stati centrali. Per me, giovane cristiano, politicamente impegnato a sinistra, la sua rivendicazione del “diritto alla diversità”, dopo le dolorose lotte per il “diritto all’uguaglianza”, è stata una folgorazione che ha orientato da allora le mie riflessioni culturali, politiche e - come detto - anche spirituali.

Grazie, dunque, a Guido Fubini. E grazie a voi che con lui avete condotto in questi anni questo lavoro e - mi auguro - continuerete con entusiasmo a condurlo.

Mario Tedeschini Lalli

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